Referat Brigitte Bardot
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Deux hommes formidables, chacun dans leur genre, deux hommes amoureux
des animaux àen mourir, qui ont passé leur vie àtenter
l’impossible pour essayer de faire entendre au monde que l’animal,
àl’égal de l’homme, était un être àpart entière, se sont
donné la mort en décembre dernier dans une totale indifférence.
Il s’agit de Barry Horne, cet anglais chef de commandos
anti-vivisection, qui prenait des risques incroyables pour délivrer les
animaux de laboratoire, poussé àbout, allant jusqu’àenvoyer
lettres piégées àcertains expérimentateurs du Royaume-Uni afin de
faire enfin comprendre aux uns et aux autres que la souffrance de
l’expérimentation avait des limites et que ce procédé sadique
n’était qu’une solution aléatoire et même dangereuse pour la
survie de l’humanité. Emprisonné comme extrémiste pour une peine de
20 ans, oublié de tous, impuissant et désespéré dans sa cellule, il
s’est laissé mourir de faim. Il avait 42 ans. Le second est Jacques
Mayol, cet extraordinaire « homme dauphin » qui fut le premier et le
seul pendant des années àpratiquer des descentes en apnée àplus de
100 mètres de profondeur, àse fondre au milieu des dauphins, àfaire
partie de leurs sociétés, àaller jusqu’àleur porter des sapins
décorés pour Noël, às’intégrer totalement àleur univers,
essayant de les protéger, de les faire aimer et connaître, vivant sous
l’eau, fuyant de plus en plus la société des hommes et leur folie.
Il s’est donné la mort par pendaison juste avant Noël, dans sa
demeure de l’île d’Elbe. Il avait 74 ans, était superbe mais ne
supportait plus l’insupportable. Ils méritent qu’on se souvienne
d’eux, c’est pourquoi je tiens àleur rendre l’hommage que ma
Fondation et nous tous leur devons.
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Dans un registre tout aussi désespérant, nous venons de subir une fois
de plus le rituel insupportable de l’Aïd-el-Kébir, cette « fête »
sanglante, tolérée avec de plus en plus d’allégeance par nos
gouvernants jusqu’àdevenir quasiment traditionnelle malgré les
exactions illégales des sites dérogatoires mis àdisposition un peu
partout en France pour faciliter l’égorgement des moutons par les
musulmans. Sacrifice douloureux pratiqué sur des animaux en pleine
conscience mettant parfois plusieurs minutes àse vider de leur sang,
gorge ouverte jusqu’àla colonne vertébrale, tentant jusqu’au
dernier souffle d’échapper àcette exécution, dans une ambiance de
joie et de rigolade. Ils furent plus de 100 000 àêtre égorgés le 22
février dernier sur le territoire de France, chaque chef de famille
musulman se devant d’égorger son mouton. Ce jour là, comme les
années précédentes, fut un jour de deuil pour moi. Un jour
d’horreur, un jour de désespoir, un jour que je considère comme le
plus triste de l’année, un jour d’impuissance totale.
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Mars nous apporte aussi le massacre des bébés phoques sur les
banquises canadiennes, exterminés brutalement et de manière abjecte ÃÂ
coups de massue. Après le passage des tueurs, la neige est rouge du
sang des bêtes, la blancheur immaculée de ces banquises glacées se
transforme en un univers de mort, en un abattoir polaire et
surréaliste. Voilà25 ans, jour pour jour, que j’allai là-bas. Ce
fut mon premier combat. Combat de rage et de larmes. J’avais 42 ans !
Après une amère et épuisante victoire qui ne dura que 10 ans, le
massacre reprit de plus belle, il fallait rattraper le temps perdu !
Cette année un quota de plus de 300 000 phoques a été abattu par les
Canadiens, les Norvégiens et les Russes.
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Il y a aussi cette bataille livrée depuis 1986 contre la tradition
ancestrale des coréens de manger du chien et du chat, coutume
horrifiante mais ancrée dans leurs mœurs contre laquelle je
m’épuise sans espoir. Alors, profitant de la Coupe du monde de
football qui doit avoir lieu àSéoul, au mois de mai prochain, je suis
revenue àl’attaque auprès des journaux, des radios et des
télévisions, ne mâchant pas mes mots, attaquant de front, les
traitant de cannibales, essayant par tous les moyens de leur faire
comprendre que le chien, meilleur ami de l’homme, sauveur et sauveteur
des catastrophes, guide d’aveugles, appui des handicapés, gardien
fidèle, compagnon des bons et des mauvais jours, n’était pas un
animal de consommation. Je me suis entendu répondre que nous mangions
bien du cheval, du foie gras et des grenouilles, qu’ils ne mangeaient
que les chiens bâtards abandonnés mais prenaient grand soin des chiens
de race, des chiens de compagnie payés àprix d’or. Ma révolte fut
si grande que ma Fondation a depuis reçu des milliers d’E-mails
menaçant ma vie, me condamnant àmort, me traitant de tous les noms
les plus abjects. Nous avons demandé et obtenu le soutien du Président
de la Fédération Française de Football, Monsieur Claude Simonet et
celui du Président de la F.I.F.A. Monsieur Joseph S. Blatter. Depuis, 3
footballeurs champions anglais, dont Michael Owen, ont réagi et m’ont
soutenue en envoyant le message suivant : « nous demandons avec respect
au gouvernement sud-coréen de garantir aux chats et aux chiens une
protection totale contre la cruauté intentionnelle de la torture,
supplions le pays co-organisateur de la coupe du monde de ne plus les
pendre, battre, brûler et bouillir vivants avant de les abattre et de
les manger ». Une pétition a été lancée par ma Fondation et
P.E.T.A., la célèbre association américaine de protection animale.
Comme d’habitude, c’est sur les étrangers et sur vous tous que je
compte pour donner le coup de grâce àune coutume dite « culturelle
» écœurante, horrifiante qui éclabousse une fois de plus la race
humaine. On me dit morose et négative, on me reproche parfois de
manquer d’élan, d’espoir, de positivisme. Quand je regarde
derrière moi, ou àcôté de moi, je ne vois pas de quoi me réjouir,
quant àl’avenir… qui vivra verra.
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Grâce àma Fondation et au travail formidable de mes collaborateurs,
nous avons quand même la grande joie d’avoir sauvé une dizaine
d’ours dansants en Bulgarie. Ces pauvres bêtes asservies ÃÂ
l’homme, pelées, bourrées de plaies suppurantes, le nez arraché par
l’anneau qui les martyrisait, déshydratées, squelettiques, ont
retrouvé un semblant de vie normale après des années
d’esclavagisme, grâce au sanctuaire que nous avons fait construire ÃÂ
Belitza. Certains ont même tenté une hibernation dans les grottes
artificielles, d’autres ont timidement commencé àse baigner dans
les étangs spécialement aménagés. Nous allons en sauver un maximum
afin que cesse cette inhumaine exploitation de l’animal par les
tziganes. Ah si j’étais Dieu !
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