Referat Le Malheur Est Dans Le DrT
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Le malheur est dans le pré
Le moins qu on puisse dire de la vache folle, c est qu elle a produit un
effet boeuf en Europe. Après l Angleterre et la France, ce fut l an
dernier au tour de l Allemagne d être frappée. Et c était avant la
fièvre aphteuse anglaise. Entre tout cela et les OGM, et le bétail aux
hormones, et la "malbouffe", les nouveaux périls nous viendraient-ils
de l assiette?
On le sait maintenant, la maladie de la vache folle  plus
précisement l encéphalopathie spongiforme bovine  peut provoquer
chez l homme une maladie mortelle: celle de Creudzfelt-Jakob.
Les farines animales (faites avec des résidus d abattoir) seraient
responsables de l apparition de la maladie chez l animal.
D abord détectée chez des patients très agés, on pensait que la
période d incubation de la maladie de Creuzdfelt-Jakob était très
longue jusqu àrécemment, où on l a détecté chez de très jeunes
victimes.
Alors qu en France, les ventes de viande de boeuf ont chuté de moitié,
les consommateurs québécois et canadiens semblent peu se préoccuper
encore de l état de santé de leur steak malgré le rapport accablant
fait le comité scientifique de la commission européenne sur le travail
de l Agence canadienne d inspection des aliments (ACIA).
Si la vache folle n a pas touché le Québec, on en a pourtant déjÃÂ
rapporté un cas au Canada en 1993. Le gouvernement fédéral avait
alors fait abattre l animal malade plus un troupeau de 400 bêtes venues
d Angleterre.
Hormones hors normes
Et il n y a pas que l encéphalopathie spongiforme qui devrait
inquiéter. Dans le rapport du comité européen, on indique que l ACIA
a négligé les tests sur les niveaux d hormones pendant plusieurs mois
et qu en 1998-99 une quinzaine d échantillons de viande destinés ÃÂ
l Europe présentaient des résidus d hormones.
Bref, la détection qui permettrait de s assurer que les hormones et les
antibiotiques ont bien eu le temps de s éliminer dans l organisme des
animaux destinés àla boucherie ne serait pas très fiable.
L ACIA a tenté de se défendre ses pratiques, mais tout ça n est pas
rassurant quant on sait que certains antibiotiques courants comme le
carbadox seraient cancérigènes, tout comme des hormones de croissance
comme l Estradiol, l acétate de tenbolone et le Zéranol.
Ces hormones sont introduites grâce àdes implants posés dans les
oreilles de l animal. Les implants libèrent leurs doses pendant une
centaine de jours et techniquement il ne devrait plus rester de traces
de ces produits àl abattage. C est du moins la théorie.
Guerre scientifique sur fond commercial
Il faut dire que cette guerre scientifique se déroule sur un fond de
guerre commerciale. L Europe qui interdit l usage des hormones de
croissance et des hormones dans l élevage bovin a fermé ses portes au
boeuf nord-américain, dont celui du Canada.
Du côté américain, on a rétorqué par des mesures comme celle
d interdire l importation de Roquefort aux États-Unis. Dans les deux
cas, des questions d hygiène sont invoquées.
Ajoutons dans la bagarre, des militants comme l éleveur français José
Bové qui, après avoir saccagé un restaurant McDonald dans son patelin
et détruit quelques champs de plants transgéniques mène le combat
contre ce qu il a baptisé la "malbouffe".
Dans le cas de la viande comme dans celui des organismes modifiées
génétiquement (maïs et autres céréales), la guerre des études n a
pas fini de faire rage et les consommateurs n ont que leur méfiance
pour se protéger.
Ce n est pas pour rien que l agriculture biologique progresse de 25 ÃÂ
30 % par année. Même au Québec, les 557 fermes certifiées
biologiques ont du mal àrépondre àla demande.
En Amérique, cette méfiance reste toutefois bien timide alors qu une
majorité de la population semble préférer les bas prix qu offre une
agriculture de masse àdes produits de haute qualité.
En Europe, par exemple, les gens soutiennent davantage leurs produits du
terroir et consacrent près de 30 % de leur budget àses nourir alors
que ce chiffre n est que de 11 % pour l Amérique du Nord.
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